Europe Écologie a acquis sa légitimité en devenant la 3ème force politique. En tout état de cause, les 10 à 15% qu'elle obtiendra probablement aux régionales mettent au placard tout projet concurrent électoralement crédible. Par contre, un projet partenaire s'impose pour parvenir ensemble à une force électorale capable de prendre le pouvoir.

L'ancrage à gauche d'EE reste un obstacle pour beaucoup d'écologistes indépendants, d'où la nécessité de rassembler ces derniers, donc de créer une confédération distincte d'EE, pas en opposition à elle, mais au contraire en partenaire au sein d'une plate-forme. Le but est, qu'à terme, EE ait plus intérêt à fusionner ses listes avec cette confédération qu'avec le PS.

En pratique, il est très difficile distinguer entre une écologie indépendante et une écologie de gauche. Le programme d'EE sur la Franche-Comté par exemple, ne propose que des mesures concrètes de bon sens pour créer une écorégion et je ne vois pas en quoi elles seraient de gauche, sauf à prétendre sottement et injustement, que le sens de l'humain et de la vie ne se trouvent qu'à gauche. De la même façon les propositions des autres partis écologistes sont également très concrètes et elles ne se réfèrent nullement à une idéologie de droite. En fait, comme je l'ai écrit dans l'article précédent, l'écologie politique est à part. Même si elle hérite des valeurs de gauche pour les uns ou de droite pour les autres, elle en a fait un projet neuf.

Reste que l'image de gauche d'Europe Écologie est un repoussoir pour tous ceux qui veulent dépasser le clivage gauche-droite. Parce que les Verts et les sympathisants d'EE viennent généralement de la gauche, ils ne peuvent pas encore prendre conscience du fossé qui les sépare définitivement de leurs origines, mais ils voient déjà qu'ils devront tôt ou tard s'opposer au PS.

Je pense donc que c'est surtout au niveau du leader incarnant l'écologie politique au-delà du clivage gauche-droite, c'est-à-dire telle qu'elle est réellement, qu'une confédération des partis écologistes refusant l'étiquette de gauche pourra se construire. Corinne Lepage peut y rassembler les écologistes du Modem et de l'Alliance écologique indépendante tout en étant acceptable pour Europe Écologie dans le cadre d'une plate-forme électorale dans l'intérêt réciproque des uns et des autres.

Qu'une personne mieux qu'un programme incarne le rassemblement serait d'ailleurs tout à fait cohérent avec les fondements de l'écologie politique. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, une politique se fonde sur la vie. Que cette personne soit une femme ne fait que renforcer cette cohérence.